Une collaboration inédite
Journal — Mai 2026
Une carte blanche, c’est un exercice de retrait. On confie l’atelier, on écoute, on dessine, on ajuste.
Le résultat n’appartient ni tout à fait à nous, ni tout à fait à celui qui la reçoit.
C’est ce qui en fait l’intérêt.
Cette année, c’est Éric Guérin qui s’y prête. Chef étoilé de la Mare aux Oiseaux, sur l’île de Fédrun, en Brière. Photographe animalier le reste du temps. Voyageur en permanence.
Il en est sorti une paire. Et un motif que personne n’attendait.
Une chaussure née du voyage
Pour celles et ceux qui ne restent jamais longtemps au même endroit.
Demandez-lui ce qu’il porte au quotidien : il vous parlera de son costume de cuisine bleu. Une seconde peau. Quelque chose qu’on enfile sans y penser, qui suit partout, qui ne demande rien.
L’idée du soulier est née là, dans cette logique d’uniforme. Quelque chose qu’on glisse aux pieds le matin et qu’on oublie jusqu’au soir.
On a pris le Gattaca, et on l’a infléchi. Un bout plus rond, une ligne adoucie, une semelle sneakers blanche pour gagner en souplesse. Le pari : qu’il passe sous un jean comme sous un pantalon habillé, qu’il encaisse une journée debout en cuisine comme vingt kilomètres dans New York.
La ligne du Gattaca, la souplesse d’une sneaker.
Le léopard
Il fallait un motif à la hauteur du personnage.
Éric photographie les grands félins depuis des années. Jaguars dans le Montana, tigres en Inde, panthères en Colombie et au Brésil. Le léopard s’est imposé.
Sauf que lui, justement, n’en voulait pas. « J’ai horreur de la fausse panthère. Jamais je n’aurais acheté ça. »
Nous avons quand même fait le prototype. Et au moment où il l’a eu en main, quelque chose s’est passé. « Celui-là, oui. »
C’est tout l’enjeu d’une carte blanche. Amener celui qui la reçoit un peu plus loin que là où il se serait arrêté seul.
Éric raconte qu’il avait fait la même chose en cuisine, autrefois, avec le safran. Une épice qu’il détestait. C’est aujourd’hui l’un de ses plats signatures.
Pour le léopard, même histoire.

Comment apprivoiser le motif
Le léopard revient. Pas sur les podiums — sur des silhouettes sobres, dans des vestiaires masculins, sur des paires qui se veulent quotidiennes. Reste à savoir le porter.
Il ne se subit pas, il se dose.
On le laisse parler. À côté, on apaise : coton naturel, robe noire, laine claire, denim brut. Le contraste suffit.
Pour les plus joueurs, on superpose : foulard tigre, veste imprimée, matières qui s’opposent. Une silhouette libre, mais tenue d’une main ferme.
La précommande
Ouverte jusqu’au 31 mai. Frais d’envoi offerts, partout dans le monde.
Passé ce délai, la paire restera disponible en commande spéciale, à un tarif supérieur.
